La définition du marketing

La définition de ce qu’est ou devrait être le marketing a toujours été le fruit de débats stériles entre les marketers et non-marketers. Chez ces derniers, on associe presque des pouvoirs magiques aux gens de marketing, j’avais même baptisé cela le syndrome de la baguette magique dans un précédent billet.

Même chez les marketers eux-mêmes, j’ai toujours senti une espèce de scepticisme face à la définition dite officielle du marketing, celle de l’AMA. En fait, j’ai enseigné et défendu cette définition pendant des années et elle tient la route sur le plan théorique. Elle est tellement englobante et vaste que tout et rien peut se retrouver en elle.

Dans son billet d’aujourd’hui, Seth Godin explore le concept des cercles du marketing avec The Circles of Marketing, un amalgame de cercles concentriques des différents aspects du marketing moderne et de leur priorisation les uns par rapport aux autres.

Si on reprend son concept, le dernier cercle, celui le plus à l’extérieur, correspond à ce que l’on « pense » être LE marketing: créer un buzz, générer du bouche à oreilles, des clicks, faire de la pub, etc. En fait, ce dernier cercle est de moins en moins constitué d’actions faites par l’entreprise elle-même. C’est de plus en plus la résultante directe de nos autres actions marketing bien exécutées. En fait, ce concept, poussé à son extrême pourrait être comparé aux cercles formés dans l’eau lorsqu’on lance un caillou ou une pierre. La pierre étant le produit en tant que tel: ses caractéristiques, mais surtout son unicité et son potentiel de marché. Plus notre produit est percutant, plus il éclabousse!

En fait, dans ce contexte, le produit (dans le marketing-mix, nos fameux 4 Ps, 6 Ps ou 8Ps… 😉 ) n’a jamais été aussi crucial qu’aujourd’hui. Les entreprises tentant de se différencier strictement par la qualité de leur produits devront se réinventer car ce n’est plus suffisant.

La vraie valeur du marketing réside maintenant dans la capacité des entreprises à créer des histoires qui résonnent auprès de communautés (tribes). Cette tâche est d’autant plus facilitée par la présence d’un produit unique, novateur et difficilement comparable. Ne jamais abandonner la R&D!

Ce que j’aime particulièrement de l’approche de Godin, c’est que peu importe où votre entreprise se trouve sur ces cercles ou que les résultats de votre marketing actuel ne vous satisfont pas, il n’est jamais trop tard pour s’améliorer.

Il suffit de pénétrer un cercle vers l’intérieur…

Publicités

Comment rédiger un bon plan marketing?

Pour avoir navigué pendant plusieurs années dans le monde des plans marketing traditionnels, ceux qui adoptent la structure classique (VISION, MISSION, ANALYSE SITUATIONNELLE, CIBLE, POSITIONNEMENT, OBJECTIFS, STRATÉGIES, TACTIQUES, BUDGET, PRIX, PRODUIT, PLACE, PROMOTION, ETC), il arrive que le syndrome de la page blanche apparaisse. On peut avoir les meilleures idées du monde, si nous sommes incapables de les résumer de façon courte et simple, il est fort probable que le meilleur plan marketing reste lettre morte à cause de notre incapacité à gagner l’adoption de nos idées et concepts par le top management et la force de vente de l’entreprise. Aussi, si on réussit à aller chercher l’adoption du plan par nos collègues, c’est souvent lors de l’exécution que tout plante.

J’ai déjà abordé le sujet à quelques reprises sur mon blogue il y a quelques années ici. Je vous donnais quelques trucs ici pour un plan marketing remarquable ici (en anglais) et aussi un exemple de plan marketing très court ici.

J’ai tiré cette présentation du blogue marketing « Beloved Brands » tenu par Graham Robertson. J’ai bien aimé la méthodologie qu’il propose afin d’organiser ses idées, établir les priorités et accoucher d’un plan marketing « exécutif » qui tient sur 1 page et qui est orienté vers l’action et non le bla bla. Le document est en anglais. Cette structure vous aidera à aller cherche le fameux « buy in » de votre patron et de vos collègues mais aussi vous aidera à être hyper focalisé et discipliné lors de l’exécution.

PS: Vous pouvez remplacer « brand » par « produit » ou « compagnie » si nécessaire.

Comment influencer les décisions d’achat des consommateurs sur le web? (Infographie)

On le sait tous, les consommateurs magasinent et « pré-magasinent » sur le web. Toute génération confondue, toute industrie, de la plus « hype » à la plus conservatrice n’y échappe pas. Qu’on le veuille ou non, la « Googletization » de nos réflexes de magasineur a atteint un sommet. Que ce soit pour une paire de soulier de course, une caméra numérique, un meuble, une nouveau plancher, une nouvelle voiture, des nouveaux skis, etc, il y a de fortes chances qu’à un moment donné dans votre processus d’achat, le web devienne votre source d’information, votre influenceur principal. Mais tous les canaux web ne sont pas tous égaux face à différents type de produits. Cette infographie démontre que certain canaux sont plus appropriés pour certains types de produits. J’y ai appris bien des choses et j’ai confirmé des intuitions.

Selon les données de MBooth, différentes catégories de produits obligent les consommateurs à rechercher des informations et commentaires de différentes sources sur le web. Ils ont tendance à aller directement sur le site du fabricant pour l’électronique; ils s’appuient sur les engins de recherche pour les voyages et ils vont sur des forums de discussion pour voir ce que les gens pensent des différents modèles de voitures. Fascinant, non?

Par conséquent, les fabricants de produits électroniques devraient en priorité investir dans un site web top nickel, les entreprises œuvrant dans le secteur du tourisme auraient avantage à analyser soigneusement leurs budget de SEO et les manufacturiers de voitures devraient maximiser leur présence sur les forums et groupes de discussions.

VOIR AUSSI: Social Consumers and the Science of Sharing (Part 1)

L’infographie ci-dessous indique où les consommateurs cherchent et trouvent de l’information au sujet des produits qui les intéressent – ce qui suggère aux spécialistes du marketing que certains aspects du marketing numérique (certain canaux) méritent plus d’attention que d’autres.

Source: Mashable.

Marketers, est-ce que ces résultats sur les comportements des consommateurs en 2011 semblent s’aligner avec votre pratique?

Un produit de qualité: non-négociable!

La qualité a longtemps été un attribut distinctif. C’est vrai. Rappellez-vous les années 90 ou les entreprises qui obtenaient leurs accrédiation ISO 9001, se servaient de cela pour faire la promotion de leurs bébélles: « Hey, mon usine est certifiée ISO faque mes bébelles sont de ben meilleure qualité que les tiennes ».

Ca ne fonctionne plus aujourd’hui.

Je ne veux pas confondre l’importance d’avoir un système de contrôle de qualité de production avec celle de développer des produits de qualité. Ici je veux parler de l’importance pour les départements de R&D et de production de maintenir des hauts standards de qualité dans la conception de leurs produits.

La qualité (d’un produit ou d’un service) est devenue un critère minimal et non négociable dans l’esprit des consommateurs. Par contre, la qualité est toujours en relation directe avec votre positionnement de prix. Et c’est là que la notion de valeur entre en ligne de compte. Mais même si votre terrain de jeu se situe dans les prix d’entrée de gamme, vous devez être très prudents avant de faire des compromis sur la qualité de votre produit. Les attentes des consommateurs en matière de qualité présentes même pour des produits d’entrée de gamme. Ca veut dire que tu ne peux plus vendre de la scrap ben longtemps. Ca finit par se savoir assez vite.

Regardez nos tinamis chinois qui tentent de pénétrer le marché européen des VUS (video ci-bas). Y’ont pas compris. Y se sont pas assez pratiqué longtemps sur leurs autres cossins en plastique.

Mêmes si les allemands, qui possèdent L’AUTORITÉ morale en matière de qualité et d’ingénierie à l’échelle de la planète, les craignent, je crois qu’à court terme, le manque de rigueur des chinois servira les marques allemandes et japonaises. Dans le cas présent, on parle carrément d’un laisser-aller inacceptable au niveau de la sécurité des passagers qui se traduit, dans l’esprit des consommateurs, comme un manque à gagner flagrant au chapitre de la qualité globale du véhicule.

Imaginez le nombre de personnes qui verront ce video sur youtube? Imaginez le tort que ca fera aux marques chinoises dans leurs efforts de pénétration des marchés occidentaux de l’automobile?

Combien d’efforts marketing devront être mis en oeuvre pour contrer les mauvaises perceptions baties au fil des mois dans l’esprit de millions de consommateurs potentiels? Des tonnes!

Si la Hyundai Pony avait été lancée en 2009, il y aurait eu pas mal moins de « poissons » pour l’acheter que dans les années 80. Dès que quelques acheteurs auraient eu mis en ligne leur mauvaise expérience, la courbe de croissance des ventes de ce fabuleux véhicule aurait pris une toute autre tournure. Oui, le prix aggressif était là mais la qualité n’était pas au rendez-vous.

Dans votre entreprise, prenez-vous des risques avec la qualité de vos produits pour économiser à court terme? Pensez aux conséquences marketing des ces décisions à plus long terme pour la réputation de votre entreprise et de vos marques. Le jeux en vaut peut-être pas la chandelle.