Le « Frientertainment » ou quand vos amis deviennent votre source de divertissement

Il m’arrive d’inventer des mots en français ou en anglais. Je les garde souvent pour moi et des fois je les partage comme ici en mai 2009 où je me sentais en état de webriété, un état qui semble être partagé par plusieurs de mes confrères.

J’ai eu un flash ce matin dans la douche (n’est-ce pas là que prennent forme les meilleures idées?)

On constate ces tendances…

  • Diminution du nombre d’heures de télévision;
  • Lectorat des journaux à la baisse;
  • Proportion de plus en plus grande des gens qui s’informent (nouvelles) en ligne  plutôt qu’en regardant les bulletins de nouvelles ou en lisant les journaux papier;
  • 9 jeunes de moins de 21 ans passent au moins une heure par jour en ligne;
  • L’américain moyen a passé 12% plus de temps à regarder des vidéos en ligne en 2010 qu’il ne l’a fait en 2009;
  • 1/3 des américains possède un téléphone intelligent;

On le sait maintenant, les médias sociaux et internet en général prennent plus de place dans nos vies. La source principale de divertissement des baby boomers et de leurs enfants a longtemps été la télévision. Les choses sont en train de changer. Les grands groupes de médias n’ont maintenant plus le monopole de l’industrie du divertissement. Les générations Y et C ne conçoivent pas la TV comme les plus vieux le font. En effet, les besoins en divertissement  semblent de plus en plus fragmentés (avez-vous lu le bouquin « The Long Tail » de Chris Anderson? C’est un must!) et sont sujet à  être comblés directement par notre cercle d’amis. J’entends « amis sur les réseaux sociaux » comme Twitter, Facebook, YouTube, etc.,  donc pas nécessairement des gens que l’on connaît… 😉

Nous somme maintenant à l’ère du « Friendtertainment » ( né de la juxtaposition de Friend et Entertainement).

  • Les émissions de cuisines de Ricardo et de Clodine concurrencent maintenant avec les recettes  des copains  Francis et Normand. Ces derniers  prennent soin de les partager et de les prendre en photo.
  • National Geographic a maintenant de la sérieuse compétition car Stéphanie, via son iPhone prend désormais en photo colibris et cardinaux qui allègent ses mangeoires. Elle nous fait même le plaisir de transformer ses photos digitales en œuvres d’art analogues avec l’application Hipstamatic;
  • Plus besoin de regarder les nouvelles TVA ou Drôle de vidéos pour que le meilleur vidéo comique viennent à nous. Simplement naviguer sur le mur des nos amis Facebook ou Twitter pour s’abreuver des dernières vidéos comiques qui font sourire les internautes de la planète.
  • Les Manon Leblanc et autres émissions à la « Décore ta vie » pourront bientôt se recycler car maintenant, Guylaine et Sylvie partagent directement leurs trucs déco maison et les photos avant/après de leurs plus récente re-décoration.
  • Et il y a aussi l’ami Sylvain qui nous présente les photos de son chantier d’aménagement paysager avant/après et il partagera avec quiconque ses trucs et astuces.

Vous comprenez où je m’en vais avec tout cela. Plus on a d’amis sur les réseaux sociaux, plus on a de sources de divertissement (et d’information).

Voyeurisme? Je ne crois pas.

Inquiétant ? Pas vraiment. À moins qu’on ne soit à la tête des grands groupes de médias et encore là, il faudra toujours de la matière à partager. Il faut que la bête se nourrisse à quelque part…

N’en demeure pas mois que dimanche soir dernier, je me suis surpris à relaxer tranquillement dans mon salon, avec mon iPad sur les genoux, la TV à off, à me promener sur les murs de mes amis Facebook et les Timeline de mes copains Twitter. J’étais en train de consommer une nouvelle sorte de divertissement, du Frientertainment!

PS: Tous les noms sont fictifs.

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Êtes-vous en état de « webriété »?

Il y a environ une semaine, j’ai éprouvé un certain découragement face à la somme d’articles et de billets que je trouvais par rapport au sujet qui m’intéressait: les médias sociaux. Je croulais quasiment sous le poids des articles et informations (parfois contradictoires) que je lisais, bookmarkais et imprimais, à partir du web. L’expression « état de webriété » m’est venue à l’esprit car elle décrivait bien l’état dans lequel je me trouvais. J’ai alors envoyé ce tweet:

« Depuis quelques mois maintenant, mon ordi est en état de webriété de plus en plus avancé. »

Je trouve que cette expression vient un peu cerner la puissance de Google et du web mais aussi ses conséquences néfastes sur l’usager. Croulant littérallement sous les tonnes de données que je trouvais sur ce sujet, j’en ai presque perdu mes moyens et ma capacité à discerner le bon du moins bon et le pertinent du non pertinent. J’avais déjà vécu un pareil sentiment il y a quelques années en faisant de la recherche de données secondaires sur le web. Mais malheureusement, la situation s’intensifie avec l’explosion des contenus générés par les usagers sur le web. Je me suis dit que je n’étais sans doute pas le seul à vivre telle situation ou ce tel état de « webriété ». Ma première définition de cet état a été:

« État donné à un ordi qui s’abreuve de contenu web au risque de faire perdre à son utilisateur un certain discernement. »

Et puis après quelques tweets échangés avec @ywilliams ou si vous préférez AgentSolo, ce dernier est arrivé avec cette définition:

« État euphorique provoqué par une utilisation intensive de contenu et d’applications provenant du Web »

Même si je trouve que le qualificatif euphorique est un peu fort (même si on veut garder un certain parallèle avec l’alcool), j’aime bien cette définition parce qu’elle ramène l’état à celui de l’usager et non à son ordinateur. Et ça reflète mieux l’idée que j’avais à l’esprit quand j’ai eu ce flash. Je trouve donc qu’une combinaison des nos idées donne la meilleure définition… Alors, si on résume, la définition officielle du néologisme « webriété » comme dans l’expression « état de webriété » est:

« État quasi-euphorique d’un internaute provoqué par une utilisation intensive de contenu et d’applications provenant du web. Cette surabondance d’information et de données peut aller jusqu’à faire perdre un certain discernement à l’internaute. »

Avez-vous déjà été en état de « webriété »? Probablement que oui.  Heureusement, les remèdes contre cet état sont fort similaires à ceux recommandés par les médecins pour contrer les ravages de l’alcool.

  1. Réduire sa consommation
  2. Boire beaucoup d’eau
  3. Faire de l’exercice
  4. Dormez plus et mieux

PS: Merci à AgentSolo (Yves Williams) d’avoir bonifié mon flash. C’est une belle démonstration de la puissance du web 2.0.

MAJ, le 7 mai 2009. Est-ce que vous croyez que le concept de « webriété » est 0,08, 2.0 ou serait-il une nouvelle incarnation du web 3.0? À ceux qui, comme Michel Monette, croyaient que le web 3.0 allait leur permettre de mieux déguster l’information, je pense qu’il faudra garder un pot de Tylenol tout près. C’est connu, le vin d’épicerie donne plus de maux de tête…

MAJ le 15 mai. Ca y est, ce néologisme est désormais officialisé car il apparait depuis hier dans le Dictionnaire du futur. Ma définition originale a été bonifiée par Anne-Caroline Paucot et Albertine Meunier et vous pouvez la retrouvez en entier ici. Ca me donne presque le goût de créer d’autres mots!