Conditionnés à ignorer. Pourquoi la pub ne fonctionne plus comme avant.

information-overloadOn confronte souvent le marketing digital (Web, mesurable, ponctuel, coût au clic, etc) avec le marketing dit traditionnel (médias de masse trad, coût de production et de diffusion élevés, etc). On les place souvent aux antipodes un peu comme les pro-charte et les anti-charte des valeurs…. (mais c’est un tout autre débat!).

J’ai souvent cette discussion avec mes copains en agence ou avec des représentants des médias traditionnels. Ils aiment défendre la pub traditionnelle, son mérite créatif, sa noblesse mais quand vient le temps de déterminer sa rentabilité, c’est beaucoup plus nébuleux… On sort des statistiques de portée, des variables socio-démographiques qui avantagent, de enquêtes de notoriété, de qualité de l’audience, etc. Par exemple: « notre clientèle est plus fortunée que celle du magazine X ».

À l’opposé, il y a les tenants du « Inbound Marketing » ou le Permission Marketing tel que baptisé par Seth Godin dans son livre du même nom ou toutes autres formes de « pull marketing » . Armés de données analytiques de trafic, de conversions et de clicks, ils tentent de convaincre que sans web, point de salut ou pire, que ceux qui font encore de la pub traditionnelle ferait mieux de consulter car il est presqu’irrationnel de considérer ces tactiques ou moyens d’une autre époque.

Personnellement, j’écoute les deux parties, j’essaie de me faire une tête. Je ne suis pas encore prêt à démoniser l’un aux dépens de l’autre. 😉 Toutefois, au delà des approches et des véhicules choisis, une question me turlupine depuis un moment: Comment faire du marketing efficace en 2013? Et comme il y a 30 ans, ce n’est vraisemblablement pas qu’une question de moyens,

Le monde du marketing a changé dramatiquement depuis 15 ans:

  • Avec la prolifération des médias (Il n’y a pas une semaine sans qu’un nouveau magazine ne soit lancé!);
  • L’hyper-fragmentation des audiences (on ne compte plus le nombre de médias spécialisés);
  • En ligne, avec les techniques telles que le retargeting comportemental, on est capable de cibler de manière personnalisée Madame ou monsieur Z;
  • La consommation des médias est bouleversée en particulier chez les 18-34 ans (Ex:.Ces derniers s’informent sur une tablette électronique dans 30% des cas alors qu’il y a 3 ans, c’était seulement 3% d’entre eux qui le faisaient).
  • Le temps et le niveau d’attention qu’un consommateur moderne est prêt à accorder à une marque, une émission, une idée, etc est en chute libre. Nous sommes à l’ère de l’interruption. On consomme nos médias à la pièce au moment et dans le format qu’on le désire.

Peu importe de quel côté du pôle on se trouve (Digital VS Trad), un comportement est observable dans tous les segments de consommateurs, peu importe leur âge, sexe, attitudes ou comportements: leur niveau d’attention est à son plus bas. La surabondance de messages, aussi ciblés soient-ils, a fait de nous des êtres imperméables aux annonces, aux interruptions. Je dirais même imperméable à la profondeur. Pour être remarqué, il faut que ce soit bizarre, clinquant ou hautement divertissant, sinon c’est ignoré ou oublié quasiment sur le champ. Il faut se pitcher du haut d’une capsule spatiale aux limites de la stratosphère pour faire les bulletins de nouvelles…

D’accord ou pas, il faut le reconnaître, l’être humain moderne a évolué rapidement au cours des 30 dernières années. Nous sommes désormais conditionnés à ignorer. Conditionnés à oublier. Nous avons développés une forme de réflexe de survie de l’homo sapiens sur-sollicité: une protection qui fait en sorte que notre cerveau gère la surchauffe potentielle en ignorant des milliers de messages et tente désespérément de garder son énergie pour des tâches plus essentielles. Pour percer ce filtre, de plus en plus épais, il ne suffit plus d’avoir le meilleur placement publicitaire, la meilleure création, le meilleur fit avec sa cible. Il faut plus… Et ce « plus » est de plus en plus difficile à cerner. Il faut encore plus d’intelligence, de finesse qu’avant! Le métier de publicitaire n’a pas fini de se renouveler.

Publicités

La définition du marketing

La définition de ce qu’est ou devrait être le marketing a toujours été le fruit de débats stériles entre les marketers et non-marketers. Chez ces derniers, on associe presque des pouvoirs magiques aux gens de marketing, j’avais même baptisé cela le syndrome de la baguette magique dans un précédent billet.

Même chez les marketers eux-mêmes, j’ai toujours senti une espèce de scepticisme face à la définition dite officielle du marketing, celle de l’AMA. En fait, j’ai enseigné et défendu cette définition pendant des années et elle tient la route sur le plan théorique. Elle est tellement englobante et vaste que tout et rien peut se retrouver en elle.

Dans son billet d’aujourd’hui, Seth Godin explore le concept des cercles du marketing avec The Circles of Marketing, un amalgame de cercles concentriques des différents aspects du marketing moderne et de leur priorisation les uns par rapport aux autres.

Si on reprend son concept, le dernier cercle, celui le plus à l’extérieur, correspond à ce que l’on « pense » être LE marketing: créer un buzz, générer du bouche à oreilles, des clicks, faire de la pub, etc. En fait, ce dernier cercle est de moins en moins constitué d’actions faites par l’entreprise elle-même. C’est de plus en plus la résultante directe de nos autres actions marketing bien exécutées. En fait, ce concept, poussé à son extrême pourrait être comparé aux cercles formés dans l’eau lorsqu’on lance un caillou ou une pierre. La pierre étant le produit en tant que tel: ses caractéristiques, mais surtout son unicité et son potentiel de marché. Plus notre produit est percutant, plus il éclabousse!

En fait, dans ce contexte, le produit (dans le marketing-mix, nos fameux 4 Ps, 6 Ps ou 8Ps… 😉 ) n’a jamais été aussi crucial qu’aujourd’hui. Les entreprises tentant de se différencier strictement par la qualité de leur produits devront se réinventer car ce n’est plus suffisant.

La vraie valeur du marketing réside maintenant dans la capacité des entreprises à créer des histoires qui résonnent auprès de communautés (tribes). Cette tâche est d’autant plus facilitée par la présence d’un produit unique, novateur et difficilement comparable. Ne jamais abandonner la R&D!

Ce que j’aime particulièrement de l’approche de Godin, c’est que peu importe où votre entreprise se trouve sur ces cercles ou que les résultats de votre marketing actuel ne vous satisfont pas, il n’est jamais trop tard pour s’améliorer.

Il suffit de pénétrer un cercle vers l’intérieur…

Est-ce que Facebook rendra désuet Linked In?


Depuis 2005, je suis un utilisateur assez assidu de Linked In, l’outil de réseautage en ligne ciblant les professionnels. Je tentais ede l’utiliser uniquement dans un but de réseautage professionnel. Encore aujourd’hui, je suis assez sélectif et les gens que j’accepte comme connections professionnelles sur Linked In sont des gens avec qui j’ai déjà eu des contacts d’affaires. Quand je regarde le profil Linked In de quelqu’un et sa liste de connections, je m’attend à ce que cet individu puisse me parler un peu d’une de ses connections sur une base professionnelle. Genre, me recommanderais-tu telle personne pour ce genre de job? Oui ou non et pourquoi? En fait, la possibilité de rédiger et de recevoir des recommandations professionnelles qui demeurent visibles est probablement la meilleure caractéristique de Linked In.

Quelques stats afin de comparer les deux géants

Linked In

  • Lancée  en mai 2003 à Mountain View en Californie
  • 55 millions d’utilisateurs
  • Obj. de base: Connecter les professionnels, le monde des affaires. C’est un Rolodex moderne, en ligne et visible par tous nos contacts.
  • On partage sa vie professionnelle.
  • Approx 50% des utilisateurs sont américains.
  • Croissance en 2009: 89% (source: Compete)

Facebook

  • Lancée en février 2004. Basée à Palo Alto, Californie
  • Plus de 350 millions d’utilisateurs
  • Obj. de base: Connecter les amis, la famille, retrouver des copains d’enfance. Échanger et partager socialement.
  • On partage sa vie personnelle.
  • 30% des utilisateurs sont américains. Donc, 70% des utilisateurs sont dispersés à travers le globe.
  • Croissance en 2009: 189% (source: Compete)

À la lumière de ces faits, on pourrait conclure avec l’idée que Linked In est ciblé pour les professionnels et que même si sa portée est 7X moins grande que Facebook, l’outil a son utilité et sa raison d’être, soit de connecter les professionnels entre eux.

Une frontière qui s’effrite entre vie  personnelle et professionnelle…

Avec la progression fulgurante de l’usage de Facebook, Twitter et autre outils de réseautage social et professionnel, j’ai l’impression qu’à l’usage, le mur entre vie sociale et vie professionnelle est passé d’un mur en béton armé à celui d’un rideau de douche.

Le printemps dernier, j’ai rencontré pour la première fois lors d’une SWAFF à Québec le techno-blogueur Stéphane Guérin. Au lendemain, de notre rencontre, pif pouf paf!, je recois une demande d’amitié Facebook de sa part…

Je me serais plutôt attendu à une invitation à nous connecter via Linked In suite à cette première rencontre. Je ne suis pas fervent de partager ma vie perso, les photos de mes kids avec de parfaits (ou de relatifs) inconnus. En novembre dernier, il a rédigé un billet qui illustre cette espèce de zone grise entre Facebook et Linked In.

J’étais un peu surpris de cette demande d’amitié et je ne savais pas trop quoi faire avec cela. Même si j’avais trouvé Stéphane bien sympathique, comme j’étais un nouvel utilisateur Facebook, mon premier réflexe à cette époque était d’accepter seulement mes “vrais amis”, des gens avec qui j’avais fait plus que prendre un verre une fois dans une soirée d’affaires.

Après quelques secondes de réflexion, je me suis dit que j’étais peut être en retard et que je comprenais peut-être mal  l’utilité de Facebook en contexte professionnel. Tout le discours à propos du fait qu’il est souvent intéressant de connaitre les passions, les goûts ou certains éléments de la vie sociale de collègues ou partenaires d’affaires dans le but d’avoir de meilleures relations professionnelles a fait son chemin dans mon esprit.

Alors, j’ai accepté Stéphane Guérin comme ami Facebook. Il a été le premier “non-proche” dans mes amis Facebook et s’en sont ajoutés plusieurs par la suite. En tant que blogueur, je recois de plus en plus de demandes d’amitié Facebook de parfaits inconnus. Il fallait que je trouve une processus décisionel logique afin de savoir quoi faire avec ces gens qui me démontrent de l’intérêt dans Facebook.

Segmenter ses contacts Facebook en créant des listes

Alors, j’ai fait ce que tout utilisateur Facebook devrait faire. J’ai amorcé la segmentation de mes amis Facebook afin que je puisse accepter presque toutes les demandes d’amitié sans pour autant dévoiler ma vie personnelle à de parfaits inconnus. Je vous recommande fortement de faire de même si vous souahitez optimiser votre expérience Facebook sans trop de dégâts… Pour savoir comment faire, je vous propose cet excellent billet de DoYouBuzz.

Mes amis Facebook sont désormais segmentés en une dizaine de listes allant de “famille proche” en passant par “retrouvailles lointaines”, “ex-collègues” sans oublier le très populaire “business lointaine”. Chaque liste a des accès plus ou moins limités sur ce que je publie dans Facebook. La segmentation étant un concept de base en marketing et comme Facebook est un outil pour le “marketing” de soi, je l’ai utilisé comme tel.

C’est ma façon d’utiliser Facebook: « Je ne ferme pas la porte d’entrée de la maison aux inconnus mais ils n’ont pas nécessairement accès à toutes les pièces. » 😉

La vie privée est une notion de « vieux »

Donc, j’ai abouti à cette façon de faire suite à la demande d’amitié  de Stéphane Guérin mais aussi en observant le comportement des jeunes de moins de 30 ans sur Facebook qui sont beaucoup plus ouverts que ma génération!

En fait, bien honnêtement, je suis souvent mal à l’aise de voir des copains ou copines Facebook afficher un profil 100% ouvert, vous savez, le genre de profil où n’importe quel quidam peut aller voir vos photos de party, de beuveries ou les messages pas toujours édifiants sur votre babillard? Pour moi, c’est un peu comme si vous diffusiez vos albums de photos personnelles sur une chaine de télé. Depuis que je suis sur Facebook, je me rend compte qu’à peu d’exception près, cette notion de vie privée vs vie publique en est une purement générationnelle (et pourtant, je ne suis pas si vieux!). En ce sens, je me questionne parfois à savoir si je suis pas complètement dans le champs avec cette notion de préservation de vie personelle?. En lisant ce billet fort intéressant, je me dis que peut-être que les petits cons qui affichent tout sur leur page Facebook ne sont probablement pas si cons que cela…Ils font probablement ce que leurs parents auraient fait à leur âge s’ils avaient eu accès aux moyens technologiques d’aujourd’hui.

En concluant, si la frontière s’amenuise entre vie personnelle et professionnelle et que la croissance de Facebook se poursuit, j’imagine qu’au fur et à mesure que la jeune génération entrera sur le marché du travail, le besoin d’avoir un outil de gestion des contacts purement professionnel tel que Linked in (ou Plaxo ou Xing) s’estompera car Facebook risque de combler tous ces besoins avec sa plateforme.

Qu’en pensez-vous?

Add to FacebookAdd to DiggAdd to Del.icio.usAdd to StumbleuponAdd to RedditAdd to BlinklistAdd to TwitterAdd to TechnoratiAdd to FurlAdd to Newsvine

Notre accent nous nuit-il?

En lisant le billet quotidien du gourou marketing Seth Godin, j’ai eu un petit malaise ce matin. Il traite des accents. Comme dans cet extrait, il décrit ce qu’il entend par accent qu’il soit parlé ou écrit.

Not only the way you speak—but the way you write and act. More than geography, accents now represent a choice of attitude.

Let’s define an accent as the way someone speaks (writes, acts) that’s different from the way I do it. So, if I’m from Liverpool and you’re from Texas, you have an accent, I don’t.

Occasionally, an accent is a marketing advantage. Sounding like Sean Connery might be seen as charming in a New York singles’ bar, or sounding like a Harvard man might help a neurologist in Miami Beach.

Je comprends très bien qu’il parle des accents « marketing » ou des différents angles que nous pouvons donner à nos messages pour créer une différence mais, je ne peux m’empêcher de penser aux accents « québécois » dans le paysage d’affaires nord américain. Le passage qui m’a fait titiller est celui-ci:

Generally, though, if I think you’ve got an accent, it’s more difficult to trust you.

Seth Godin ne fait aucunement référence à l’accent québécois dans son billet et c’est ce qui le rend si percutant à mes yeux. En gros son discours se résume à ceci:

  • Perception d’un accent= exotique=différence= crédibilité+ confiance affectés négativement

Il décrit un comportement humain tout à fait naturel. La différence est souvent difficile à supporter. Imaginez, le New Yorkais trouve que le Texan a un accent et ils sont tous deux citoyens américains. Le trust factor du New Yorkais face au Texan est affecté et vice versa à cause de cela. Le québécois a l’air tout droit sorti d’un autre continent dans ce contexte! (j’exagère à peine.)

Après avoir oeuvré pendant plus de 12 ans au sein de PMEs ayant pour marché l’Amérique du Nord, force est d’admettre que Seth Godin est assez représentatif de l’homme d’affaires nord-américain moyen.

Même s’il y a des milliers d’entrepreneurs québécois et dirigeants de PMEs baragouinant l’anglais qui ont réussi à faire leur place aux USA, il en demeure pas moins que beaucoup d’entre eux sont partis désavantagés par rapport à leurs concurrents qui « sonnaient » mieux au oreilles des prospects américains ou anglo-canadiens. C’est tout à leur honneur car ils ont surmonté cet obstacle.

Même si nos propos sont tout à fait rationnels et remplis de bon sens, que notre offre produits est concurrentielle, que notre service est supérieur à la moyenne, notre accent québécois, lorsque nous parlons anglais, vient affecter le niveau de confiance que les gens nous accorde. Je sais que ce n’est pas rationnel et que c’est ridicule mais je l’ai expérimenté de nombreuses fois. Ce n’est pas que mon accent soit si épouvantable mais que voulez-vous, les francophones qui ont appris l’anglais ailleurs qu’à la maison via les cours d’anglais du Ministère de l’Éducation ont souvent un accent. Une faible minorité ont cette capacité à switcher de l’anglais au francais ou du francais à l’anglais sans que ca paraisse.

Heureusement, plus souvent qu’autrement, j’ai l’impression que le côté européen ou exotique de la langue francaise dans notre bilinguisme nord-américain nous permet de nous distinguer et de créer un élément distinctif qui laisse sa marque et fait oublier les aspects agacants d’un accent franco pour un anglo.

Et vous, dans votre pratique, votre accent vous nuit-il?

 

Add to FacebookAdd to DiggAdd to Del.icio.usAdd to StumbleuponAdd to RedditAdd to BlinklistAdd to TwitterAdd to TechnoratiAdd to FurlAdd to Newsvine

Voici pourquoi je me ferai vacciner contre la grippe A H1N1

H1N1Malgré les efforts de notre gouvernement afin de sensibiliser la population sur les dangers potentiel que représentent la grippe A H1N1, il semble que le message ne passe pas. Aux dernières nouvelles, seulement 1/3 de la population exprime le souhait de se faire vacciner. Clairement, il y a un problème. J’ai exprimé mon point de vue à propos de cette problématique communicationelle dans un commentaire sur le Blog Branché. Le voici:

Le problème c’est que le gouvernement doit contrebalancer en poids medias tout le bouche à oreille et les communications anti-vaccin (adjuvant, pas assez testé, etc) qui ont été colportées dans les dernières semaines. La peur vis-à-vis ce vaccin (ainsi que pour les vaccins en général) est bien réelle Malgré tout le bruit que le gouvernement peut faire, il semble que les gens ne font pas confiance au vaccin et en plus, ne se sentent pas concernés par le H1N1 (le risque est plus petit que d’attraper l’influenza régulier). Enfin, on a beaucoup crier au loup au cours des dernières années (SRAS, grippe du poulet, etc) sans qu’il n’y ait eu de véritable hécatombe ici. La population n’écoute plus…

Tout comme beaucoup de gens, je tente de m’informer auprès d’organismes ou de personnes neutres au sujet de la grippe A et du vaccin récemment développé. Malheureusement, je tombe sur pas mal de junk (ouie dires, rumeurs, demie-vérité, commentaires non-fondés sur des pages Facebook, etc). Tout y est. Certains parlent de complot entre le gouvernement et GSK (la pharma qui produit le vaccin), d’autres que la H1N1 n’est pas pire que l’influenza saisonnière et ainsi de suite. Hier, je suis tombé sur un commentaire émis par un scientifique sur la page Facebook d’une de mes amies. Le mec est médecin et apporte des arguments scientifiques (malheureusement trop souvent absent des débats auquels j’ai pu assister). Je vous reproduis ici son commentaire dans l’espoir qu’il vous aide à prendre votre décision face au vaccin:

Bonjour les enfants, voici un texte que j’ai composé car tanné de me faire poser la question: « Dois-je me faire vacciner contre la grippe? ». Servez-vous en pour transmettre la bonne nouvelle…

Le plan de vaccination contre le nouveau virus influenza H1N1 est mis sur pied pour contrecarrer une pandémie, et ainsi empêcher les populations les plus vulnérables (comme nos grands-parents, nos amies enceintes, nos jeunes enfants, nos patients) d’en souffrir et même d’en mourir. De plus, l’influenza est un virus qui mute énormément: plus on le laisse se propager d’une personne à l’autre, plus nous courrons (tous) la chance qu’il mute et devienne beaucoup plus dangereux (c’est malheureusement ce qui semble s’être produit en 1918 avec la grippe espagnole). Quand on se fait vacciner, on le fait pour soi mais également pour la population. Malheureusement, les gens sont de plus en plus égocentriques et ne pensent qu’aux effets secondaires, qui, hormis de la douleur locale et parfois fièvre, mal de tête ou fatigue temporaires, ne sont pas fondés. En effet, le lien entre le syndrome de Guillain-Barré (paralysie) et les vaccins contre l’influenza n’a jamais été clairement démontré malgré de nombreuses tentatives visant à le démontrer, alors que le risque de faire un Guillain-Barré suite à une infection respiratoire comme l’influenza semble beaucoup plus important. On peut prendre connaissance de cela notamment dans un article récent (Am J Epidemiol. 2009 Feb 1;169(3):382-8). Tout au plus, les vaccins contre l’influenza pourraient peut-être, et je dis bien peut-être, occasionné 1 à 2 cas de Guillain-Barré par million de doses, et plus de 90% de ces très rares cas récupèrent complètement sans séquelles. Lorsque l’on porte sa ceinture de sécurité, il y a une probabilité de subir un impact latéral et d’en mourir à cause de la ceinture de sécurité. Toutefois, comme la majorité des impacts surviennent devant ou derrière le véhicule, les bénéfices de la ceinture de sécurité surpassent de loin les risques. Le même raisonnement s’applique: il y a beaucoup plus de bénéfices que de risques à se faire vacciner, car les effets secondaires graves sont soit très très rares (comme la réaction allergique sévère) ou encore non prouvés (comme le Guillain-Barré), alors que les morts causées par l’influenza sont bel et bien réelles. En temps de pandémie, les jeunes adultes en santé sont d’ailleurs particulièrement à risque car ce sont les plus touchés. Ceci est particulièrement vrai pour le nouvel influenza H1N1: les plus touchés sont, en gros, les gens entre 5 et 60 ans. Un article récent du Syndicat National du Personnel Infirmier s’est avéré irresponsable et beaucoup trop alarmiste concernant les complications reliées à la vaccination contre l’influenza, et cet article ne s’appuie sur aucune source valide ou encore s’appuie peut-être sur une source précise alors qu’il en existe plusieurs autres qui disent le contraire. Ils font également mention d’un nouvel adjuvant utilisé dans le vaccin: en fait, il s’agit d’un adjuvant presque identique à un adjuvant qui est utilisé en Europe depuis plusieurs années, et ce, sans aucun problème. De plus, tout comme chaque vaccin, le vaccin contre l’influenza H1N1 a été et est encore étudié chez de nombreux volontaires avant son administration massive.

Aussi, les gens disent: « le virus n’est pas si méchant ». OK, donc on attend qu’il mute et tue des centaines de milliers de personnes avant de commencer à penser à produire un vaccin? Il faut se rappeler que la production d’un vaccin requiert plusieurs mois, et le but du vaccin est de prévenir une pandémie grave. Si on voulait observer une catastrophe et observer plusieurs millions de personnes mourir suite à une mutation du virus, on ne donnerait pas de vaccin. Mais justement, le but est notamment de prévenir cela. Les vaccins sont malheureusement victimes de leur succès: comme ils éradiquent ou diminuent énormément la survenue de plusieurs maladies infectieuses et de leurs complications, nous sommes de moins en moins témoins de ces maladies et de leurs complications graves, et nous finissons par croire que nous n’avons plus besoin de vaccin. Au contraire, c’est grâce au vaccin si ces maladies et leurs dégâts sont contrôlés. Au lieu de passer autant de temps à nous apprendre les histoires de Zachée et de Lazare dans le nouveau testament, le ministère de l’éducation devrait commencer à inclure dans son programme des notions sur les règles d’hygiène de base et sur l’importance de la vaccination. Je vois encore trop de malpropres sortir des toilettes sans se laver les mains (peu importe le besoin qu’ils viennent de satisfaire), et ce sont ces mêmes personnes qui inventent ensuite des histoires imaginaires de conspiration entre les compagnies pharmaceutiques et les gouvernements. Comme si un gouvernement endetté comme le nôtre voudrait s’endetter davantage en déboursant des millions de dollars pour une campagne de vaccination… Aussi, il faut savoir que les vaccins sont des produits qui, toute proportion gardée, rapportent peu aux compagnies pharmaceutiques.

Pour ceux qui ne sont pas convaincus et qui ont encore des doutes concernant la vaccination, visitez ce site. Vous vous rendrez rapidement compte que la majorité des craintes qui circulent dans la population concernant la vaccination sont en réalité des mythes. Une autre source (en anglais) très pertinente concernant le vaccin H1N1 est la suivante: (Centers for Disease Control and Prevention Questions & answers: 2009 H1N1 influenza vaccine). Il faut toujours se questionner lorsque nous recevons un courriel dont la source est omise ou nébuleuse: ce sont souvent des canulars, fausses propagandes ou encore une chaîne de courriels lancée par quelqu’un qui avait le goût de donner son opinion. Malheureusement, ce sont trop souvent des opinions sans fondement qui sont véhiculées. Dommage car ces courriels semblent inoffensifs lorsqu’on appuie sur le bouton « envoyer » ou « transférer », mais ils coûtent beaucoup de vies humaines.

Jeannot Dumaresq, MD

Pour ma part, avec 3 enfants de moins de 7 ans, mon choix est clair. Je ne veux pas mettre la vie de mes proches en danger sous des faux prétextes non scientifique. On est en 2009, oui la science se trompe parfois mais il faut être de son temps et accepter de vivre en fonction des progrès technologiques y compris ceux qui sont faits dans le domaine de la santé publique.

Je pense qu’une des erreurs « communicationnelles » du gouvernement du Québec est d’avoir accorder trop d’importance sur le fait que le choix de se faire vacciner ou pas en est un personnel. Je ne suis pas d’accord. Quand on parle de pandémie potentielle qui peut tuer des enfants et des adultes en santé, on doit se positionner avec plus de fermeté face à une population. Tout le monde sait que c’est un choix individuel de toute façon! On se fait vacciner pour soi mais aussi par solidarité sociale pour protéger les autres. Je ne connais personne qui vit en vase clos et qui ne fréqente aucun lieu public…

Add to FacebookAdd to DiggAdd to Del.icio.usAdd to StumbleuponAdd to RedditAdd to BlinklistAdd to TwitterAdd to TechnoratiAdd to FurlAdd to Newsvine

Bixi, faux blogues et nouveaux marketers

Transparency_Triumph_TrendwatchingEn mai dernier (oui, je sais que je suis un ti-peu en retard…!), on a lancé à Montréal le nouveau service de vélos urbains BIXI. Une belle idée. Vraiment. Un beau produit qui remplit un besoin.

Or, ce lancement a suscité un débat parmi les gens de communication-marketing du Québec, principalement en ligne. Débat, qui selon moi est loin d’être tranché. Le toujours croustillant Patrick Lagacé a lancé la premiere flèche ici, Michelle Blanc a elle aussi tirée à boulets rouges sur Morrow Communications dans ce billet. Marie-Claude Ducas, rédactrice d’Infopresse, fait aussi ressortir d’excellents points dans son premier billet qu’elle a par ailleurs bonifié d’un autre article vu que les commentaires ne cessaient de s’ajouter sur les différents blogues.

C’est un peu à cause de ce dernier billet de Marie-Claude Ducas que je reviens sur cette histoire car, je faisais, (sans nécessairement le vouloir) partie intégrante du débat en tant que représentant de la jeune génération.

Après avoir lu le commentaire du publicitaire Roger Tremblay sur Infopresse, j’ai eu un choc et je ne pouvais m’empêcher de réagir à ses propos.Voici quelques extraits de son commentaire:

Ho les moteurs!

Non, mais ça commence à faire les montées de lait !

Vous vous insurgez parce que les personnages du blogue d’André Morrow n’existent pas ? Mais c’est de la pub monsieur le chroniqueur ! Et le rôle de la publicité c’est de changer les comportements ou de créer une sympathie envers un produit.

Ben oui, un blogue c’est de la pub… 😉 Et un peu plus loin, il conclut après avoir parlé du « rôle » que doivent jouer les publicitaires et avoir fait passer les blogueurs pour des frustrés, avec:

Non, il n’y a pas de dommages causés par cette fausse histoire de Bixi et chapeau aux publicitaires qui ont rendu l’affaire intéressante. Et laissez nous faire notre métier de faire rire, d’étonner ou de faire pleurer les gens tout en les renseignant. Avec des histoires inventées ou pas.

Voici intégralement ce que je lui ai spontanément répondu:

La lecture de votre commentaire ne vient que confirmer le fossé qui est en train de se créer entre les publicitaires de l’ancienne et de la nouvelle garde. Et en passant, on peut faire partie de la nouvelle garde même si on a 30 ou 40 ans de métier, ce n’est pas un question d’âge mais d’attitude par rapport aux nouveaux médiums de communications qui émergent.

D’assimiler un blogue à de la pub, comme vous le faite dans votre commentaire, dénote que vos vieux réflexes de « broadcaster » sont bien incrustés. Un blogue est un outil de conversation et qui dit conversation dit transparence et confiance. Deux éléments qui manquent à la stratégie développée par Morrow. D’utiliser Facebook en inventant des fausses personnes qui veulent devenir des amis avec des vraies personnes m’apparait plus comme un manque d’éthique marketing qu’un coup de génie parce qu’on a fait parler de nous…

Les efforts louables des vrais marketers authentiques et transparents seront ternis par ce genre d’initiatives qui jettent de la poudre aux yeux à court terme.

Comme vous dites, « laissez nous faire notre métier de faire rire, d’étonner ou de faire pleurer les gens tout en les renseignant. Avec des histoires inventées ou pas. » Si c’est ca votre métier, ne touchez pas aux blogues.

Bon, OK. La tension et la frustration est palpable dans nos deux commentaires. Depuis ce temps, le débat a évolué un peu sur la question car son fils, Yannis Tremblay, s’en est mêlé et il avait des idées plus proches des miennes. On peut le lire ici avec un commentaire en réponse à celui de son papa.

On a pas encore trancher la question complètement et il semble que 2 clans, aux opinions diamétralement opposées, s’affrontent. Je ne crois d’ailleurs pas que ce sera tranché de si tôt…Que l’on mente ou non en utilisant de faux blogueurs pour faire connaitre un vrai produit, là n’est pas le débat. Il est beaucoup plus fondamental que cela. Si on gratte un peu la peinture, on se rend compte que ce débat est en fait celui de la place du mensonge ou des demi-vérités en marketing. Il est normal que les perceptions entre les vieux routiers de la pub ne soient pas les mêmes que celles des jeunes loups qui grandissent avec les réseaux sociaux. Et, comme je le disais dans mon premier commentaire à Roger, ce n’est pas une question de générations. Il existe bien entendu des nouveaux marketers qui n’ont pas cette attitude « conversationelle » et inversement des vieux publicitaires allumés qui s’arrangent pour être au fait de ces nouveaux modes de communication.

Pour ma part, ma position est claire:

Un mensonge est un mensonge.

Ce n’est pas du puritanisme que de vouloir éviter de mentir en marketing.

En fait, dire la vérité ou être transparent est en train de devenir une règle de base parce que les règles ont changé. Le pouvoir n’est plus entre les mains des annonceurs mais bien entre les mains des consommateurs. Ce sont eux les publicitaires des temps modernes. Si on les dupe, on se prive d’un bouche à oreille positif qui aurait pu avoir lieu entre ces consommateurs à propos de notre produit, notre marque, notre service ou notre idée.

Les marketers qui auront du succès au cours des prochaines années sont ceux qui intègrent cette notion de transparence en tout temps, pas juste quand ca fait leur affaire. Les vieux routiers de la pub traditionnelle pourront bien se faire des « à-croire » que leur petits trucs fonctionnent toujours comme cela a toujours marché. C’est leur affaire. Je crois que le temps est venu d’évoluer ou de disparaître.

PS: Infopresse même parler de cette notion de transparence la semaine passée en reprenant les dernières études de Trendwatching.com: « Pour dominer, soyez transparents« .

Add to FacebookAdd to DiggAdd to Del.icio.usAdd to StumbleuponAdd to RedditAdd to BlinklistAdd to TwitterAdd to TechnoratiAdd to FurlAdd to Newsvine