Apple sans Steve Jobs ou le véritable test de la culture d’innovation

Inculquer une culture organisationnelle tournée vers l’innovation constitue un objectif louable, souhaitable et surtout, de longue haleine. Des milliers d’entreprises à travers le globe reconnaissent l’importance de ce besoin d’innover afin d’accroitre ses positions et dans plusieurs secteurs, simplement les maintenir. L’apport de Steve Jobs, à travers ses idées, sa vision du futur du design et de sa quête perpétuelle d’innovation, est immense comme en témoigne ce diaporama. Son leadership est indéniable. Il a bouleversé plusieurs pans de nos vies autant au bureau qu’à la maison et même dans nos loisirs (connaissez-vous beaucoup de personnes qui s’entrainent ou font leur jogging sans un iPod?).

Toutefois, le véritable héritage de Steve Jobs, tel que mentionné dans sa lettre au Conseil d’Administration de Apple, se doit d’être devant lui et non derrière lui:

I believe Apple’s brightest and most innovative days are ahead of it. And I look forward to watching and contributing to its success in a new role.

Le test ultime de l’héritage organisationnel de Jobs sera passé au cours des 3-4 prochaines années à savoir si le rythme d’introduction des nouveaux produits, que ce soit l’évolution des produits-phares de Apple tels que le iPod, iPhone, iPad et MacBook ou l’introduction des produits technologiques adaptatifs complètement nouveaux pour Apple comme l’ont été le iPhone oule iPad, se maintiendra. Le pipeline de R&D est probablement rempli pour les 2-3 prochaines années et c’est en partie ce qui explique la bonne réaction des marchés face au départ de Jobs.

Steve jobs est l’incarnation même d’Apple, de cette culture unique du dépassement et du bris des règles établies. Ses allocutions jeans bleus -T-Shirt noir -espadrilles sont attendues et suivies par des millions de disciples autour du globe. Avant d’être pdg d’Apple, Steve Jobs est avant tout un artiste, un créateur passionné. Cette caractéristique, qui n’est pas donnée à tous les pdg, vient aussi avec son lot de désagréments (Jobs était réputé pour ses sautes d’humeurs et son obsession pour des détails pouvant paraître anodins au commun des mortels). Tim Cook, son successeur, est plutôt décrit comme une manager ayant baigné dans la culture innovante d’Apple depuis des années. Sera-ce suffisant pour maintenir le cap? Nul le le sait.

La performance innovatrice d’une entreprise ne peut qu’être le fruit d’un seul cerveau

Une chose est sûre, la performance extraordinaire d’Apple en terme de fréquence d’innovations, de succès financier et commerciaux de son portefeuille d’innovations ainsi que la performance globale d’Apple, ne peuvent être le fruit du seul cerveau de Steve Jobs. Même si le comportement entrepreneurial et la propension au risque du PDG sont deux variables relevant du PDG qui exercent une grande influence sur la performance d’innovation d’une entreprise, elle ne sont pas les seules. On peut aussi compter:

  • les compétences distinctives en marketing et en mise en marché;
  • les compétences distinctives en technologie;
  • la capacité à bien gérer l’interface R&D et Marketing;
  • les orientations stratégiques du marketing;
  • et les orientations stratégiques en technologie.

Or, l’équipe d’Apple prêche par l’exemple dans l’exploitation de ces 5 éléments et ce n’est pas le fruit d’un seul individu aussi inspirant soit-il. Il faut par contre souligner qu’un ne va pas sans l’autre. Une excellente équipe avec un mauvais leader n’obtiendront pas des succès à la mesure d’Apple.

Apple compte environ 50 000 employés et chacun se doit de vivre et faire vivre la culture Apple aujourd’hui et demain. Le véritable legs de Steve Jobs sera cet intangible désir de toujours se renouveler et de faire différent. Même en son absence, je pense que la machine qu’il a façonnée, pourra continuer de produire encore un bon moment jusqu’à ce que cette culture s’effrite lentement et qu’un nouveau Steve Jobs #2 émerge de son garage et crée le prochain Apple…

MAJ 6 septembre 2011

Un très bon article de Fast Company qui explique comment Steve Jobs a réussi à insuffler une vision qui a produit des dizaines d’innovations.

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5 réflexions au sujet de « Apple sans Steve Jobs ou le véritable test de la culture d’innovation »

  1. « Le véritable legs de Steve Jobs sera cet intangible désir de toujours se renouveler et de faire différent. » Je pense que tout est là.

    Je pense que certains sont prophètes de malheur avec cette histoire. Dans 6 mois 1 an on va voir que Apple existe toujours et est toujours aussi cool. Puis en soi, ce n’est qu’une évolution / transition normale.

    Apple est plus grande que Jobs à mon avis. Du moins, hors les techies, pas grand monde de mon entourage ayant un macbook / ipod / ipad / iEtc savent qui est Steve Jobs.

    • Stéphane, on est du même avis mais il reste que l’aura de Jobs est plus grande que pour plusieurs PDG de grandes entreprises. Alors c’est normal que son départ soulève les passions. Les early adopters de produits Apple sont de véritables disciples (j’ailais presque ajouter d’une secte…;-)) dont le gourou est Jobs alors son départ risque d’affecter leur engouement pour la marque qui s’éleve aux rangs de mythe. En tout cas, c’est une opportunité pour les concurrents d’Apple à court terme.

  2. Très bon texte. Les journalistes professionnels n’ont pas fait mieux 🙂 Mais, comme la plupart, tu oublies de mentionner, parmi les réussites de Jobs, Mac Os et ITunes qui seront sans doute suivis par iCloud. Son apport du côté logiciel a aussi été remarquable que sur le plan des appareils. Le nouveau Mac Os est une nouvelle mouture du système d’exploitation qui avait été mis au point pour le NeXT. Les développements qui en font partie ont redonné au système d’exploitation du Mac une avance de cinq ans sur Windows, selon les experts. iOs profite aussi de cette avancée. Quant à iTunes, c’est la véritable vache à lait d’Apple bien avant les gadgets (iPod, iPhone et iPad) qui s’y rattachent. Certains voient une hérésie dans les systèmes fermés d’Apple. Je ne leur donne pas tout le temps tort. Mais, il faut bien admettre que ça explique aussi son succès. De toute façon, Apple a toujours fonctionné à l’envers des consensus de l’industrie et ça a fini par lui réussir.

    • D’accord avec toi mais ITunes est indissociable du iPod à mon sens. C’est comme les lames de rasoirs et les rasoir Gillette ou les machines Keurig et les KCups pour le café.;-)

    • j’ai windows 7, et ne reviendrai jamais sur mac … obligé d’avoir plein de trucs propriétaires pour s’auto connecter (genre la synchro Iphone / Itunes … quasi impossibilité sans tweaker comme un porc sur un iphone comme d’une simple unité portable) … l’article est juste en effet sur un point : Apple parle à des disciples, pas à des gens « normaux » (quand je parle de normal, je parle de la personne lambda a qui on ne fera pas croire qu’un produit 4 fois plus cher avec le meme hardware est mieux).

      Apres oui, ca serait de mauvaise foi que de ne pas voir en Jobs un homme hors norme (mega gourou, mais brillant, ce qui change toute la donne).

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