Leloup n’a pas à s’excuser

Publié : le mai 1, 2009 par EtienneChabot dans Arts, Coup de coeur, En français, Le billet léger du vendredi
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leloup-milady

Après son passage à Tout le monde en parle dimanche dernier, on a été plusieurs à avoir des mixed feelings à propos de l’entrevue que maître Leloup a livré à Guy A.. Vous en trouverez d’ailleurs un bel aperçu en lisant le billet « Jean Leloup et la maladie mentale » ainsi que la diversité de commentaires émis sur le blogue de Michelle Blanc.

 

C’est fascinant de voir à quel point, plusieurs personnes qui ont vu et entendu la même entrevue, peuvent avoir des perceptions aussi divergentes quand à son état.

En revenant du Yulbiz Montreal plus tôt cette semaine, j’ai fait un petit détour au  Archambault de Boucherville avant de prendre la 20 direction Québec. Le but étant de ne pas me taper la radio pendant 2 hres. J’ai acheté le dernier opus de Monsieur Leloup, Mille excuses Milady. En version CD, car je voulais lire et tenir le fameux texte d’une dizaine de pages qui est inclus dans le livret. On y découvre une sorte de lettre ouverte à ses fans à travers laquelle on peut vraiment sentir tout le génie et la folie de cet être. Leloup y partage ses états d’âmes les plus profonds avec une candeur et une écriture touchante et incisive à la fois. Il y avoue être peureux à l’os. Il a peur de tout. De la mort, de la douleur, des vaccins. Peur de déplaire car il ne sait pas « lire » les gens. Leloup n’est pas comme tout le monde et c’est pour cela qu’il a une légion de fans qui le suivent depuis 25 ans.

Mille excuses Milady

J’ai écouté l’album en loop entre Montreal et Québec et j’ai été littéralement charmé. J’ai redécouvert le Leloup des années 80 et 90. Leloup a été généreux, 17 chansons, 17 univers. Des univers où les rats, célérats, corbeaux, corneilles, cannibales et iroquois se cotoient dans des textes toujours aussi tordus. Ces univers lui sont propres. C’est la signature Leloup. Vous vous rappelez de l’éleveur d’escargots, des fourmis, des pieuvres, d’Edgar et du Dôme? Vous comprenez alors ce que je veux dire. S’ajoute à cela un judicieux mélange de textes anglais et francais savamment dosés.

On y trouve aussi le « son » Leloup. Un environnement sonore où les guitares sont évidemment reines. Autant  acoustiques qu’électriques. C’est aussi le grand retour des riffs dans la plus pure tradition Leloup. Des riffs groovy, un peu bluesés, souvent rock et toujours imprévisibles. On ne peut passer sous silence un élément important de la facture sonore de Leloup: les harmonies vocales. Toutes en douceur, les harmonies de Virginia Tangvald sont discrètes, sublimes et même sensuelles comme des mots doux soufflés dans l’oreille. Ca nous rappelle ses meilleurs albums.

Donc, c’est un album qui plaira aux fans de la première heure parce que justement, on y retrouve ce qui a fait la marque de Leloup. La signature qu’on aimait jadis et celle qu’on aime encore aujourd’hui. C’est la signature d’une douce folie qui nous permet de nous évacuer de notre quotidien nous, gens ordinaires. Avouons que c’est spécial… Leloup évacue ses démons dans ses chansons et une majorité de ses fans écoute ses chansons afin de se plonger dans cet univers unique pour se pousser de leur propre quotidien

Jean, tant que tu livreras des albums comme celui-ci, on te pardonnera tes écarts de conduite. Pas besoin de t’excuser.

Plus de détails à:

www.leloup.tv

www.roiponpon.com

www.grosseboite.com

Commentaires
  1. Véronique Martel dit :

    Je partage ton opinion à 200%.

    Leloup est sans doute malade, mais on s’en fout! Les gens font difficilement la différence « entre la chemise et la peau ». Ce qui m’intéresse chez Leloup, c’est Leloup, pas Jean-François Leclerc; c’est le musicien, pas le citoyen.

    En tout cas, je lève mon chapeau au loup qui rugit encore et toujours plus fort que tous dans la meute musicale québécoise.

    Vive le roi!

    • etiennechabot dit :

      La psycho-pop sur le dos à Leloup commence à me faire lever le coeur. À l’écoute de son dernier disque on constate que le cliché du génie qui s’approche de la folie s’applique tout à fait à Leloup. C’est pas grave. Les artistes qui ressemblent trop au monde ordinaire sont plates anyway!

  2. Jennifer dit :

    Très bon billet Étienne. je viens de te découvrire et te lirai dans le futur. . Belles nuances sur Le Loup.Pas de propose extrêmes. Je partage ton avis. .

  3. [...] pas découvert autrement. J’en ai fait quelques uns pendant l’année et en voici un et un autre qui apportent encore du trafic [...]

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